AUJOURD'HUI : LES HOARAU.

     Nous inaugurons aujourd’hui une nouvelle émission de conversation entre RFO et le Cercle Généalogique de Bourbon.
  Je dois tout d’abord solliciter votre indulgence pour la qualité de ma voix dans la mesure où je sors d’une grippe.
Notre famille aujourd’hui porte le 1er nom de la RÉUNION : HOARAU.

Lorsque l’on ouvre l’annuaire téléphonique, on en trouve dans toutes les communes de notre île. Qui était donc le 1er HOARAU ?  Le 1er HOARAU s’appelaitRené HOARAU ou peut-être Régnault HOUARAULT. Le nom tel qu’on le connaît ici semble n’avoir pas été orthographié ainsi en Métropole et les recherches les plus récentes ont été vaines. Il ne serait de HOARAU au monde que les descendants du 1er venu à Bourbon.
René HOARAU était donc un jeune homme originaire semble-t-il du village de Menneville dans le département du  Pas de Calais selon les pièces du procès de Vauboulon.
Il serait né vers 1640 sous le règne de Louis XIII. Parti de France pour l’Ile Bourbon il débarqua à Saint-Paul le 9 juillet 1665 sur le "Taureau" et épousa vers 1669 une petite calaisienne Marie BAUDE qui vécut entre 1654 et 1690.
René HOARAU faisait partie donc des tous 1ers métropolitains établis dans notre île et le couple allait avoir 5 enfants entre 1670 et 1682. Le couple HOARAU-BAUDE sera à l’origine de tous les HOARAU (AU, EAU, HOUAREAU) de notre île.
 
On sait que dans les familles établies aux Iles, il était fréquent de donner un surnom aux fils selon les diverses branches qu’ils formaient. C’est ainsi que l’on a pu retrouver des HOARAU DUCAP, DUROCHER DUREMPART, DUPASSAGE des HOAREAU LAROCHE, ROCHECOURT, BOIS JAUNE, BEAULON, MONTCLAIR, GRANDCOURT, CHAMPVERT, PRÉCOURT, RUEL, et DESRUISSEAUX et LA SOURCE.
Ces deux dernières branches perdurèrent en HOAREAU DESRUISSEAUX et en HOAREAU de LA SOURCE, branche à laquelle appartient Mme Gilles de ROBIEN née HOAREAU de LA SOURCE épouse de l’actuel ministre de l’ Education nationale.
Le fils aîné de  René HOARAU, Etienne I qu’on appelle aussi Etienne le Père surnommé par Antoine BOUCHER dans son mémoire comme la PERLE des CRÉOLES,  naquit en 1670 et mourut à 59 ans, comme des dizaines de membres de sa famille dans la grande épidémie de variole de 1729.
Il se maria en 1ères noces avec la créole blanche Geneviève DENNEMONT qui lui donna 6 enfants et mourut en 1700 à 27 ans.
Etienne se remaria quelques mois après avec une jeune créole franco-malgache de 13 ans Ursule PAYET (1687-1748) qui lui donna 15 enfants. Ce mariage HOARAU PAYET fut le 1er d’une série infinie de mariages entre les deux noms les plus répandus à la Réunion.
De ses 21 enfants en deux mariages  8 n’eurent pas d’enfants, les 13 autres lui donnèrent 101 petits enfants. Son fils aîné Etienne le fils mourut à 40ans dans l’épidémie de variole de 1729 père de 13 enfants il eu a son tour 104 petits enfants par 10 de ses enfants à avoir une postérité. C’est dire le côté prolifique des HOARAU.
 
Aujourd’hui on trouve des HOARAU dans tout l’Océan Indien, Réunion, Maurice, Seychelles, Madagascar et Mayotte, mais aussi bien sûr en Europe, en Métropole  et pays voisins, en Nouvelle Calédonie, Australie et en Nouvelle Zélande ainsi qu’au Canada.
 
A la Réunion, il est difficile d’échapper à un ancêtre HOARAU. Nous devons être sûrement plus de 30 % de l’île à avoir au moins un HOARAU parmi nos ancêtres. Sont cousins parRené HOARAU, Roland GARROS, Paul VERGÈS, Jean Luc POUDROUX, Auguste LEGROS et nombre d’autres grands hommes de notre département.
Le nom de HOARAU n’est donc pas près de disparaître de la surface du globe. La prochaine fois je vous parlerai du 2ème nom de notre île et vais par la suite vous proposer des noms qui sortent aussi de l’ordinaire, noms d’affranchis, noms tamouls, gujrati, malgaches et autres.

 

Patrick ONÉZIME-LAUDE

Président du Cercle Généalogique de Bourbon

Novembre 2006 RFO