Un
italien à Bourbon, drôle de destin !
Les Réunionnais comme vous
le savez tous ont des origines diverses et multiples. Nos ancêtres sont venus de
nombreux pays d’Europe comme de terres avoisinantes. Tous, nous portons en nous
nos origines métisses et je voudrais aujourd’hui parler de la famille
VIDOT.
A l’heure où pirates et
flibustiers écumaient les océans, ici dans la Mer des Indes, certains faisaient
escale à Bourbon et y posaient leur baluchon, comme le normand Jacques HUET, le
breton Gilles DUGAIN ou l’allemand
Heinrich Guilbert WILMANN. On peut penser que sans appartenir à cette
catégorie de primo-arrivants, Marco VIDOT était quand même un homme de la
mer.
Natif de Rovigo de la
province de Venise, puissance maritime indiscutable en Méditerranée, Marco
VIDOTE serait né vers 1661 fils de Francesco VIDOTE et de Domenica BARSOLOGNA
(leurs noms ont été francisés par la suite).
Il débarqua à Bourbon vers
1681 et ne se maria qu’en 1688/1689 avec une jeune créole mulâtresse Marie ROYER
âgée de 13 ans. Elle était la fille naturelle et reconnue du Chirurgien
métropolitain Anthoine ROYER et d’une servante malgache Françoise COUCARINE épouse de Louis VEL serviteur malgache
aussi.
Le jeune couple s’installa à
Sainte Suzanne, berceau est de la population réunionnaise, et y vécut auprès du
beau père qui était mariée à Andrèse TEIXEIRA indienne portugaise venue avec
d’autres compatriotes participer à l’établissement de la colonie.
Marco VIDOT et Marie ROYER
eurent 3 enfants et leur fils unique Antoine VIDOT eut à son tour
16 enfants à l’origine de tous les VIDOT de notre
île.
En 1690, un évènement secoua
notre île avec l’arrestation en pleine église un dimanche du Gouverneur Henry
HABERTde VAUBOULON dont la sévérité, la dureté et la rapacité avaient fini par
excéder toute la population. Y participèrent, l’instigateur le Père Hyacinthe,
Anthoine ROYER son gendre Michel FIRELIN garde magasin de la Compagnie, son
autre gendre Marco VIDOT, son beau frère Jacques BARRIERE marié à Ignace
TEIXEIRA, Julien ROBERT et Robert DUHAL.
Tous furent inculpés en 1696
et embarqués pour la France où ils furent jugés et condamnés le 24.5.1697 à
l’exception du prêtre. FIRELIN fut exécuté, BARRIERE et DUHAL aux galères à perpétuité,
ROBERT à 10 ans et notre Marco VIDOT à
5 ans.
BARRIERE mourut en 1699 aux
galères, suivi en 1700 par ROBERT et le
21 avril 1704 Marco VIDOT mourut à l’hôpital des galères de Marseille
sans jamais avoir pu revoir femme et enfants.
Marie ROYER éleva seule ses
enfants mais eut en 1699 un fils naturel de Jacques PITOU un créole mulâtre. Ce
fils d’appela comme son père Jacques PITOU dit MARQUIS, puis elle se mit en
ménage avec un autre créole Pierre BOYER dont elle eut 4 enfants avant
d’apprendre la mort 10 ans plus tôt de son 1er mari Marco VIDOT. En 1715 elle
épousa Pierre BOYER et ils légitimèrent leurs enfants. La veuve VIDOT s’éteignit
en 1748.
Les VIDOT ont essaimé dans
toute l’île, une branche est allée faire souche aux Iles Seychelles et de là en
Australie.
Parmi les descendants de
Marco VIDOTE, notons Jules VIDOT maire de St André, Léon Elie OZOUX 1er
Président de la Cour d’appel de SD et maire du Chef lieu, Anne CHEYNET femme de
lettres réunionnaise.
Patrick
ONÉZIME-LAUDE