
Un olivier qui perd quelques feuilles en fin d’hiver n’a rien d’alarmant. Le renouvellement foliaire fait partie de son cycle. Le problème commence quand la chute s’accélère, que les branches se dessèchent sans raison apparente, ou que le feuillage change de couleur en pleine saison de végétation. Identifier un olivier en train de dépérir suppose de lire plusieurs signaux simultanés, pas un symptôme isolé.
Verticilliose de l’olivier : le dépérissement qui commence par les racines
La plupart des guides abordent les feuilles jaunies ou la chute foliaire. Mais le dépérissement le plus sournois de l’olivier se joue sous terre. La verticilliose, causée par le champignon Verticillium dahliae, attaque le système vasculaire de l’arbre depuis les racines. Les premiers symptômes visibles – branches qui sèchent d’un seul côté du houppier, feuilles qui brunissent sans tomber – apparaissent souvent quand l’infection est déjà avancée.
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Selon un bulletin technique de l’INRAE publié en février 2026, une résurgence de la verticilliose a été observée dans les oliveraies du Sud-Est de la France depuis l’automne 2025. Les retours terrain indiquent un succès limité des fongicides systémiques en conditions humides prolongées. Les arboriculteurs confrontés à ce problème rapportent des résultats divergents selon les sols et les variétés.
Concrètement, si votre olivier présente un dessèchement asymétrique (une moitié de l’arbre verte, l’autre morte), la verticilliose figure parmi les hypothèses prioritaires. Un examen des racines peut révéler un brunissement des tissus vasculaires. Comprendre les signes qu’un olivier est en train de mourir aide à distinguer cette pathologie d’un simple stress hydrique.
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Feuilles d’olivier qui jaunissent ou tombent : lire les symptômes correctement
Toutes les chutes de feuilles ne se valent pas. Le diagnostic dépend de la combinaison entre la localisation des symptômes, leur vitesse d’apparition et la saison.
Taches circulaires sur le feuillage
Des taches rondes, souvent cerclées de jaune, sur la face supérieure des feuilles signalent l’œil de paon (Spilocaea oleagina). Cette maladie cryptogamique provoque une chute prématurée des feuilles au printemps et affaiblit l’arbre progressivement. Elle ne tue pas l’olivier directement, mais un arbre défolié plusieurs années de suite finit par dépérir.
Voile noir sur les feuilles et les branches
Un dépôt noirâtre qui recouvre le feuillage sans le perforer correspond généralement à la fumagine. Ce champignon de surface se développe sur le miellat produit par les cochenilles ou les pucerons. La fumagine elle-même n’attaque pas les tissus, mais elle bloque la photosynthèse. Traiter les parasites en amont supprime la cause de la fumagine.
Jaunissement généralisé sans taches
Un feuillage qui vire au jaune pâle de manière uniforme, sans taches distinctes, oriente plutôt vers un excès d’eau ou un sol mal drainé. Les racines asphyxiées ne transmettent plus les nutriments. En pot, ce problème survient fréquemment quand le drainage est insuffisant ou quand la terre reste gorgée d’eau après l’arrosage.
Test du grattage d’écorce et état des branches : évaluer la vitalité réelle
Les feuilles ne racontent qu’une partie de l’histoire. Un olivier peut avoir perdu tout son feuillage et être encore vivant – ou conserver quelques feuilles vertes alors que son tronc est déjà mort à l’intérieur.
Le test du grattage reste la méthode la plus fiable pour un jardinier amateur. Avec un ongle ou la lame d’un couteau, grattez délicatement l’écorce d’une branche secondaire. Un bois vert et humide sous l’écorce indique que la branche est vivante. Un bois brun, sec et cassant signifie que cette partie est morte.
Procédez de manière méthodique :
- Commencez par les extrémités des branches les plus hautes, qui meurent en premier lors d’un dépérissement progressif
- Descendez vers les branches charpentières si les rameaux sont secs, pour déterminer jusqu’où le bois mort s’étend
- Grattez enfin la base du tronc, près du sol : si cette zone est encore verte, l’arbre peut repartir de la souche
Un olivier dont le tronc est encore vert à la base mais sec sur l’ensemble des branches a subi un stress majeur (gel, sécheresse prolongée, maladie). Des rejets peuvent apparaître au pied dans les mois suivants.

Mouche de l’olivier et parasites : des menaces en progression
Le dépérissement d’un olivier n’est pas toujours lié au sol ou au climat. Les ravageurs jouent un rôle croissant, notamment la mouche de l’olivier (Bactrocera oleae). Un rapport de l’EFSA publié en mars 2025 signale une tendance à la hausse des attaques en Europe du Sud, avec une saisonnalité prolongée liée au réchauffement climatique. Les modèles prédictifs anticipent des périodes d’activité plus longues dans les années à venir.
Pour les jardiniers, la mouche de l’olivier se repère surtout sur les fruits (petits trous de ponte, galeries dans la pulpe). Mais une infestation sévère et répétée affaiblit l’arbre au fil des saisons. En parallèle, l’interdiction progressive des néonicotinoïdes pour l’olivier en France depuis janvier 2025 pousse vers des alternatives biologiques comme les pièges à phéromones, dont l’efficacité varie selon les contextes.
Un autre parasite à surveiller : la cochenille noire de l’olivier. Sa présence se détecte au revers des feuilles sous forme de petites coques brunes. Elle affaiblit l’arbre par succion de sève et favorise l’apparition de la fumagine mentionnée plus haut.
Sol, drainage et arrosage : les erreurs qui accélèrent le déclin
Un olivier supporte la sécheresse mieux que la plupart des arbres fruitiers. En revanche, il tolère très mal l’excès d’eau stagnante au niveau des racines. En pleine terre, un sol argileux sans drainage naturel constitue un facteur de risque majeur. En pot, l’absence de trous suffisants ou un substrat trop compact produisent le même effet.
Les signes d’un problème racinaire lié à l’eau apparaissent de manière progressive :
- Feuilles molles et jaunes malgré un arrosage régulier, signe que les racines ne fonctionnent plus
- Odeur de terre aigre ou de moisi au niveau du pot, indiquant une décomposition racinaire
- Écorce du tronc qui se décolle par plaques à la base, souvent associée à un excès d’humidité chronique
Un olivier en pot nécessite un substrat drainant, composé d’un mélange de terreau, de sable grossier et de graviers au fond du contenant. L’arrosage se fait quand la terre est sèche sur plusieurs centimètres de profondeur. Arroser un olivier comme une plante tropicale reste l’une des erreurs les plus fréquentes.
Un arbre affaibli par un mauvais drainage devient aussi plus vulnérable aux maladies fongiques évoquées plus haut. La verticilliose, par exemple, se développe plus facilement dans les sols humides et compactés. Le drainage n’est pas qu’une question de confort pour l’arbre, c’est une barrière sanitaire.